Emploi intérim chauffeur livreur : en quoi consiste ce poste

Un emploi intérim chauffeur livreur est un poste de conduite à durée limitée, confié par une agence de placement de personnel à une entreprise qui a besoin de faire parvenir des marchandises à ses clients. Le chauffeur-livreur temporaire charge le véhicule, suit un itinéraire, remet les colis ou les produits en main propre, fait signer ou photographier la preuve de livraison, puis rapporte les retours au dépôt.

L’entreprise cliente peut être un grossiste alimentaire, une quincaillerie, un magasin de meubles, un fournisseur de matériaux, une pharmacie, un traiteur ou un service de messagerie. Elle fait appel à l’agence quand un chauffeur est absent, quand les commandes se multiplient ou quand elle veut évaluer une personne avant de lui offrir un poste régulier.

La personne qui accepte une telle mission demeure salariée de l’agence, qui la paie et lui remet son relevé d’emploi. Elle reçoit toutefois ses directives de travail du répartiteur ou du responsable d’entrepôt de l’entreprise cliente. Cette double relation, agence d’un côté, client de l’autre, explique que l’on pose beaucoup de questions précises avant le premier jour.

Quel permis de conduire pour une mission temporaire de livraison

La Société de l’assurance automobile du Québec classe les permis selon le véhicule conduit. Pour un emploi intérim chauffeur livreur, trois cas reviennent le plus souvent.

  • Classe 5 : la plus courante, qui permet de conduire les voitures et certains véhicules de travail ou de service. Elle suffit pour livrer avec une berline, un utilitaire ou une camionnette légère.
  • Classe 3 : requise pour les camions, par exemple un camion-cube de grande taille ou un porteur à plusieurs essieux.
  • Classe 1 : nécessaire pour un ensemble de véhicules lourds, comme un tracteur routier avec semi-remorque.

La limite exacte entre deux classes dépend du poids nominal brut du véhicule et du nombre d’essieux, indiqués sur le véhicule. Demandez à l’agence la classe exigée avant d’accepter, car conduire avec un permis inadéquat expose à une amende et peut annuler l’assurance du véhicule. Un permis probatoire est parfois refusé par les assureurs des entreprises ; informez-vous-en dès le début.

Les camions lourds sont soumis à des règles supplémentaires sur les heures de conduite et de repos, ainsi que sur la vérification du véhicule avant le départ. Le chauffeur qui travaille dans ce cadre devrait recevoir une explication claire sur son carnet de bord et sur ses obligations.

Déroulement d’une tournée de chauffeur-livreur temporaire

La journée débute tôt à l’entrepôt. On vérifie le véhicule : pneus, feux, niveau de carburant, état de la porte arrière. On récupère le manifeste ou l’application de route, puis on charge dans l’ordre inverse des arrêts afin de sortir facilement les premiers colis. Un chargement mal arrimé abîme la marchandise et peut blesser quelqu’un au premier freinage.

Pendant la tournée, vous respectez les plages de livraison promises aux clients, vous gérez les stationnements difficiles en centre-ville et vous prenez soin de laisser l’accès libre aux véhicules d’urgence. Si le destinataire est absent, la consigne de l’entreprise s’applique : tentative de rappel, laisser à un voisin, retour au dépôt. N’improvisez pas avec un colis de valeur ou un produit réfrigéré.

Le retour au dépôt sert à décharger les refus, à faire le décompte des colis, à rendre les clés et à signaler les dommages au véhicule. Selon les contrats, la journée dure de huit à dix heures, avec un temps de pause repas ; les tournées de matériaux de construction commencent souvent plus tôt que celles du commerce de détail.

Vérifications avant l’embauche : dossier de conduite et antécédents

Les entreprises confient un véhicule et des marchandises coûteuses à leurs chauffeurs. Il est donc fréquent que l’agence de placement de personnel demande une copie de votre permis, votre dossier de conduite et, parfois, une vérification des antécédents judiciaires reliés à l’emploi. Les points d’inaptitude et les suspensions récentes pèsent lourd dans la décision de l’assureur.

Vous avez le droit de consulter votre dossier de conduite à la SAAQ avant de le remettre. Vérifiez qu’il est exact et à jour. Une erreur non corrigée peut vous faire perdre une mission que vous auriez obtenue.

Certains clients exigent aussi un test pratique ou une courte période d’accompagnement avec un chauffeur régulier. C’est une bonne occasion d’apprendre le fonctionnement du camion, de la rampe hydraulique ou du diable (le chariot à deux roues). Posez vos questions à ce moment : on pardonne les hésitations d’un nouveau, pas les accidents évitables.

Types de livraison et exigences physiques

Dans l’emploi intérim chauffeur livreur, toutes les livraisons ne se ressemblent pas. La messagerie légère implique beaucoup d’arrêts et peu de poids par colis. La livraison de meubles ou d’électroménagers exige souvent deux personnes, un bon sens de l’équilibre et l’habitude des escaliers. La distribution alimentaire demande de respecter la chaîne du froid et de remettre les marchandises à la bonne heure à des restaurants ou des épiceries. La livraison de matériaux comporte des charges lourdes, des chantiers poussiéreux et un équipement de protection obligatoire.

Dans tous les cas, préparez-vous à soulever, à monter et descendre de la cabine des dizaines de fois par jour. Des bottes de sécurité, des gants et une veste à haute visibilité sont fréquemment exigés. Apprenez la bonne technique de levage : genoux fléchis, dos droit, charge près du corps. Si une charge dépasse ce que vous pouvez porter seul, demandez de l’aide au lieu de forcer.

Pour la manipulation de produits chimiques, de peinture ou de gaz, une formation SIMDUT est nécessaire ; l’entreprise doit vous l’offrir avant de vous assigner ces produits.

Hiver, temps des Fêtes et pointes de volume

Un emploi intérim chauffeur livreur suit la météo et le calendrier. De novembre à janvier, les colis des détaillants en ligne saturent les réseaux de messagerie, et les agences cherchent des chauffeurs de remplacement pendant plusieurs semaines. Au printemps, la livraison de matériaux de construction, de terreau et de meubles de jardin prend le relais.

L’hiver québécois ajoute ses propres défis : pneus d’hiver obligatoires pour les véhicules de promenade du 1er décembre au 15 mars, trottoirs glacés, stationnements dégagés tardivement et longues attentes dans la circulation. Prévoyez des vêtements chauds en couches, des chaussures antidérapantes et un grattoir, et acceptez que la tournée prenne plus de temps. Le véhicule de l’entreprise doit être équipé en conséquence ; si ce n’est pas le cas, signalez-le avant de partir.

Le droit de refuser un travail dangereux existe : si les conditions routières mettent votre sécurité en péril, vous pouvez le dire à votre superviseur et, au besoin, communiquer avec la CNESST.

Agence ou travail autonome : ce qui change pour le livreur

Beaucoup d’applications de livraison proposent de travailler à son compte. Le statut est alors différent : un travailleur autonome utilise souvent son propre véhicule, paie ses dépenses et n’a pas droit aux mêmes protections qu’un salarié. En revanche, le chauffeur-livreur temporaire placé par une agence est salarié : il bénéficie du salaire minimum, de la majoration des heures supplémentaires, des jours fériés et de la protection de la CNESST en cas d’accident du travail.

Avant de signer, demandez par écrit qui fournit le véhicule, qui assume les amendes de stationnement, qui paie le carburant et ce qui arrive en cas de dommage au camion. Évitez toute clause qui vous rendrait entièrement responsable d’un accident dont vous n’êtes pas la cause. Vérifiez enfin que l’agence détient un permis de la CNESST.

Questions fréquentes

Peut-on faire un emploi intérim chauffeur livreur avec un permis probatoire ?

Parfois, selon l’assureur de l’entreprise cliente. Plusieurs employeurs exigent un permis régulier depuis un certain nombre d’années et un dossier sans infractions graves. Le plus sûr est de poser la question à l’agence avant de postuler.

Faut-il une formation particulière pour livrer en camion ?

Pour un camion qui exige une classe 3 ou 1, il faut le permis correspondant, avec la formation prévue pour cette classe. Pour une camionnette ou un véhicule léger, le permis de classe 5 suffit généralement. L’entreprise doit vous expliquer le véhicule et ses équipements avant la première tournée.

Qui paie les contraventions reçues pendant une livraison ?

Cela dépend du contrat. Une infraction liée à la conduite, comme un excès de vitesse, vous revient. Un constat de stationnement en tournée est parfois assumé par l’entreprise. Demandez la règle par écrit avant de commencer.

La mission peut-elle mener à un poste de chauffeur régulier ?

C’est possible, notamment si l’entreprise manque de chauffeurs fiables, mais rien n’est garanti. La ponctualité, le soin des marchandises et la courtoisie avec les clients sont les critères les plus souvent mentionnés par les entreprises.