Emploi agricole saisonnier : de quoi parle-t-on exactement ?

Un emploi agricole saisonnier est un poste de durée limitée dans une ferme, une serre, un verger ou une érablière, dont la durée suit le rythme des cultures : quelques jours pendant la cueillette des fraises, quelques semaines pour le désherbage, parfois plusieurs mois entre le printemps et l’automne. Contrairement au travail dans un bureau, le calendrier n’est pas décidé par l’employeur seulement : la météo, la maturité des fruits et la demande des marchés dictent le nombre de bras nécessaires d’une journée à l’autre.

Ce travail de plein air attire des profils très variés : étudiants en congé d’été, retraités actifs, nouveaux arrivants qui cherchent une première expérience québécoise, travailleurs d’autres secteurs en période creuse. Le travail agricole temporaire se trouve soit en s’adressant directement à l’exploitation, soit par l’entremise d’un service de recrutement agricole, soit par une agence de placement de personnel qui fournit des équipes à des producteurs.

L’engagement est généralement court et clair : une date de début, une date de fin approximative, un lieu précis. Il importe de comprendre que cette fin peut avancer ou reculer. Une gelée tardive, une pluie persistante ou une récolte hâtive modifient le plan de travail, et l’employeur ajuste le nombre d’heures offertes en conséquence.

Le calendrier des cultures : quand la main-d’œuvre agricole est recherchée

La saison commence plus tôt qu’on ne l’imagine. Dès la fonte des neiges, les érablières embauchent pour l’entaillage et la collecte de la sève, habituellement en mars et en avril. En mai et en juin, les producteurs maraîchers de la Montérégie plantent et repiquent les légumes, tandis que les serres sont en pleine production.

L’été est la période de pointe de la récolte de petits fruits : fraises en juin et en juillet, framboises ensuite, bleuets plus tard dans l’été, notamment dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Le maïs sucré, les haricots, les laitues et les carottes suivent leur propre horloge, et plusieurs fermes échelonnent les semis pour étaler les récoltes.

L’automne appartient aux pommes, aux citrouilles, aux courges et aux légumes-racines, souvent récoltés jusqu’aux premiers gels. Enfin, les producteurs de sapins de Noël recrutent à la fin de l’automne pour la coupe, le ballotage et le chargement.

  • Printemps : entaillage, plantation, préparation des sols, travail en serre.
  • Été : désherbage, tuteurage, cueillette de petits fruits et de légumes.
  • Automne : pommes, courges, conditionnement, entreposage.
  • Fin d’automne : sapins de Noël et nettoyage des champs.

Tâches, cadence et exigences physiques du travail à la ferme

Les tâches se résument souvent à des gestes répétitifs exécutés pendant plusieurs heures : se pencher pour cueillir, porter des caisses, trier, emballer, sarcler. La cadence compte. Dans une cueillette, on mesure rapidement qui remplit le plus de caisses de qualité acceptable, et plusieurs producteurs évaluent les nouveaux selon la régularité, pas seulement la vitesse.

Voici ce qui revient le plus souvent dans les offres :

  • cueillette à la main de fruits et de légumes, avec tri au champ selon le calibre et la fermeté;
  • semis, repiquage et plantation, parfois avec des machines à reposer assis ou debout;
  • désherbage manuel, tuteurage et attache des plants;
  • lavage, calibrage et emballage dans un hangar de conditionnement;
  • manutention de caisses, de palettes et de sacs, parfois avec un transpalette.

Prévoyez des journées qui commencent tôt, souvent avant le lever du soleil en été, afin d’éviter la grande chaleur. Les bottes imperméables, les gants, un chapeau, une gourde et des vêtements en couches font partie de l’équipement personnel. Certains exploitants fournissent les gants ou les couteaux de récolte, d’autres non : posez la question avant d’acheter quoi que ce soit.

Se rendre à la ferme et se loger : le vrai défi du travail agricole temporaire

Une ferme se trouve rarement près d’une station de métro. Le transport est donc l’enjeu pratique numéro un. Pour les chercheurs d’emploi de la région de Montréal, le service Agrijob d’AGRIcarrières organise un transport quotidien par autobus vers des fermes de Lanaudière, des Laurentides, de la Montérégie et de Montréal-Laval, dans un rayon d’environ 110 km, avec un financement du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec.

Pour les affectations plus éloignées, de quelques jours à plusieurs mois, l’employeur doit offrir un logement convenable. Il vaut la peine de demander, avant de signer, où l’on dormira, combien de personnes partagent la chambre, si l’on prépare ses repas et si une retenue est prévue sur la paie pour le logement.

Quelques bonnes questions à poser avant le départ :

  1. Qui paie le déplacement aller-retour, et à quel moment ?
  2. À quelle heure faut-il être au champ, et à quelle heure revient-on ?
  3. Le logement est-il isolé, chauffé, avec une cuisine et des toilettes accessibles ?
  4. Que se passe-t-il si la récolte s’arrête plus tôt que prévu ?

Santé et sécurité dans les travaux agricoles saisonniers

Les travaux agricoles saisonniers comportent des risques réels : coups de chaleur, coups de soleil, piqûres d’insectes, chutes sur sol glissant, blessures au dos et aux poignets, accidents avec la machinerie. Les producteurs de fruits et de légumes utilisent aussi des produits de protection des cultures, et un travailleur doit savoir quand il peut entrer dans un champ traité.

L’employeur a l’obligation d’informer les travailleurs des dangers de leur poste et de leur fournir la formation requise. Au Québec, la formation SIMDUT s’applique lorsque des produits dangereux sont manipulés. Si une tâche vous paraît dangereuse ou si l’on ne vous a rien expliqué, il est légitime d’en parler au superviseur avant de commencer. La CNESST est l’organisme de référence pour les questions de santé et de sécurité du travail, et elle peut répondre aux travailleurs comme aux employeurs.

Sur le terrain, quelques réflexes simples réduisent les risques : boire de l’eau régulièrement, faire des pauses à l’ombre, ne pas travailler avec une blessure non soignée, signaler tout malaise et refuser de monter sur une machine pour laquelle on n’a reçu aucune formation.

Rémunération et droits : ce qu’il faut savoir avant de signer

Un travailleur agricole temporaire est un salarié, et la Loi sur les normes du travail s’applique en principe à lui, avec certaines règles particulières selon la nature du travail. Certaines tâches de récolte peuvent être payées au rendement plutôt qu’à l’heure; dans ce cas, renseignez-vous sur la manière dont le salaire est calculé, car il ne doit pas être inférieur au minimum légal selon les règles applicables.

Voici les éléments à obtenir par écrit ou, à tout le moins, clairement par courriel :

  • le taux de rémunération, la fréquence de paie et le mode de calcul des heures;
  • les heures de travail prévues et la façon dont les journées perdues à cause de la pluie sont traitées;
  • les retenues sur la paie, notamment pour le logement ou le transport;
  • le nom de l’employeur réel, que ce soit la ferme ou l’agence de placement de personnel.

Si une agence vous place chez un producteur, elle doit détenir un permis de la CNESST. Cela s’applique aussi à une agence qui recrute pour des travaux de récolte. Pour toute situation particulière, par exemple un salaire impayé ou une retenue que vous jugez injustifiée, adressez-vous à la CNESST plutôt que de chercher une solution seul.

Du travail saisonnier à un poste agricole plus stable

Beaucoup d’exploitations gardent leurs meilleurs saisonniers d’une année à l’autre. Revenir au même endroit, c’est reconnu : on vous confie plus tôt le poste de chef d’équipe, la conduite d’un tracteur ou la gestion de la qualité à l’emballage. Un producteur de pommes qui connaît déjà votre fiabilité vous rappelle avant d’en appeler à des inconnus.

Si le secteur vous plaît, il existe des parcours de formation en production végétale, en horticulture ou en mécanique agricole, et le réseau des centres d’emploi agricole accompagne les producteurs dans leurs recrutements. Un poste à l’année existe parfois, notamment en serre ou en production maraîchère de grande taille, où l’on a besoin de personnes qui connaissent déjà les lieux.

Gardez aussi à l’esprit que l’emploi agricole saisonnier peut s’intégrer à un calendrier annuel : érablière au printemps, culture maraîchère l’été, pommes à l’automne, sapins de Noël en novembre. Certains travailleurs enchaînent ainsi plusieurs fermes d’une région et se bâtissent un revenu presque continu, à condition de planifier à l’avance et de rester joignables.

Questions fréquentes

Faut-il de l’expérience pour obtenir un emploi agricole saisonnier ?

Non, pas toujours. Pour la cueillette, le désherbage et l’emballage, plusieurs producteurs forment les nouveaux sur place. L’expérience devient un atout pour conduire un tracteur, superviser une équipe ou travailler en serre.

Comment se rendre à une ferme sans voiture ?

Le service Agrijob d’AGRIcarrières organise un transport quotidien par autobus depuis Montréal vers certaines régions voisines. Pour les fermes plus éloignées, demandez à l’employeur ou à l’agence si le déplacement et le logement sont prévus.

Le travail agricole temporaire est-il encadré par la CNESST ?

Oui. Les employeurs agricoles et les agences de placement de personnel sont soumis aux règles de santé et de sécurité du travail, et les agences doivent détenir un permis. La CNESST renseigne les travailleurs sur leurs droits.

Quand commence la saison des récoltes au Québec ?

Elle débute avec les érablières en mars et en avril, puis les fraises en juin, les légumes durant l’été et les pommes à l’automne. Les dates varient selon la région et la météo.