Chargé de cours : un statut propre à l’université
Un chargé de cours est une personne engagée par une université pour donner un ou plusieurs cours précis pendant une session, sans occuper un poste de professeur régulier. Le contrat porte sur une charge de cours, c’est-à-dire un cours attribué à un département, et prend fin avec la session ou l’année visée. L’emploi est donc temporaire par nature, ce qui le rapproche du travail à contrat plutôt que de la carrière linéaire.
Ce statut séduit des professionnels qui souhaitent transmettre leur expérience : ingénieurs, comptables, avocats, gestionnaires, artistes, infirmières. Il intéresse aussi des doctorants et des diplômés qui bâtissent un dossier d’enseignement. Le chargé de cours ne mène généralement pas de programme de recherche rattaché à son poste ; sa mission est l’enseignement, l’encadrement des étudiants et l’évaluation de leurs travaux.
Il est utile de ne pas confondre ce métier avec celui d’auxiliaire d’enseignement, qui assiste un professeur, ni avec celui d’enseignant au collégial ou au secondaire, régis par d’autres règles et d’autres structures de recrutement.
Qualifications exigées pour obtenir une charge de cours
Chaque département définit les exigences de qualification pour l’enseignement d’un cours donné. À l’Université du Québec en Outaouais, par exemple, la candidature n’est possible que pour les cours dont la personne a fait reconnaître les exigences de qualification : l’outil de candidature indique par un repère vert les cours pour lesquels le dossier est admissible, et il est impossible de postuler pour les autres.
Ces exigences combinent en général un niveau de scolarité (maîtrise, parfois doctorat) et une expérience professionnelle ou d’enseignement pertinente. Pour un cours très appliqué, comme la gestion de projet ou le droit du travail, on valorise la pratique de terrain ; pour un cours théorique, on regardera davantage la formation universitaire.
- Diplôme de deuxième cycle dans la discipline, ou équivalent reconnu par le département
- Expérience en milieu de travail liée au contenu du cours
- Capacité d’enseigner en français, et parfois en anglais selon l’établissement
- Dossier à jour : curriculum vitæ, relevés de notes, preuves d’expérience
Avant de préparer un dossier, il est sage de repérer les cours pour lesquels votre profil correspond vraiment aux exigences publiées.
Comment se déroule le recrutement d’une personne chargée de cours
Le recrutement des personnes chargées de cours est, la plupart du temps, direct : l’université publie les charges de cours disponibles pour une session, les candidats déposent leur dossier, puis un processus d’attribution classe les demandes. Les conventions collectives, négociées avec le syndicat des chargés de cours, encadrent l’ordre d’attribution, notamment en fonction d’un pointage lié à l’ancienneté d’enseignement dans l’établissement.
Le guide de candidature de l’UQO décrit bien la mécanique : on postule séparément dans chaque département, on choisit les cours qui intéressent, on classe ses priorités, on indique le nombre de charges souhaitées et on confirme avant la date limite. Après l’attribution, une recommandation est envoyée avec un délai de réponse ; l’absence de réponse équivaut à un refus. Le contrat est ensuite transmis par courriel.
D’autres universités ont leur propre portail et leurs propres calendriers. Les dates diffèrent, mais la logique reste similaire : dépôt de dossier, attribution, acceptation, contrat. Une agence de placement de personnel intervient rarement dans ce circuit.
Emploi temporaire à l’université : durée, rythme et rémunération
Une charge de cours couvre une session, soit environ quatre mois pour la plupart des cours donnés à l’automne ou à l’hiver. Le contrat peut être renouvelé d’une session à l’autre, sans aucune garantie. Le chargé de cours qui a obtenu plusieurs cours pendant des années accumule de l’ancienneté, et celle-ci pèse dans l’attribution, mais la sécurité d’emploi reste limitée.
La rémunération est fixée par la convention collective de l’établissement et varie selon le type de cours, la taille du groupe et l’ancienneté. Elle couvre normalement la préparation, l’enseignement, la correction et le suivi des étudiants. Consultez la grille de votre université, publiée dans la convention, avant de comparer des offres : un chiffre relevé ailleurs ne s’applique pas automatiquement.
Prévoyez aussi la charge de travail réelle. Un cours donné pour la première fois demande souvent plusieurs fois le nombre d’heures de classe en préparation. Un exemple illustratif : un cours de trois heures par semaine peut exiger un nombre d’heures bien supérieur, une fois la lecture, la conception des évaluations et la correction comptées.
Charge de cours à contrat : sessions, calendrier et planification
Les affichages de charges de cours suivent le calendrier universitaire. En général, les cours d’automne sont attribués avant l’été, ceux d’hiver à l’automne, et ceux d’été au début de l’année, mais les dates diffèrent d’un établissement à l’autre. Manquer une période d’affichage signifie souvent attendre la session suivante, d’où l’importance de surveiller les sites des départements et de garder son dossier à jour.
Il arrive qu’un cours devienne disponible à la dernière minute : un désistement, une hausse d’inscriptions, un congé inattendu. Les départements qui tiennent une banque de candidatures y puisent alors pour combler le poste. Être inscrit dans la banque et joignable rapidement augmente les chances de recevoir une proposition de dernière heure.
- Vérifier chaque session les dates d’ouverture et de fermeture des candidatures
- Mettre à jour son profil et ses pièces justificatives avant l’échéance
- Répondre dans les délais aux recommandations reçues
Un calendrier personnel qui note ces échéances évite les occasions manquées.
Conditions de travail et droits d’une personne chargée de cours
Les personnes chargées de cours sont généralement syndiquées, et leur convention collective précise les droits liés à l’attribution, à la rémunération, aux congés et aux griefs. Le syndicat local est une ressource précieuse pour connaître la procédure, les délais et l’interprétation des clauses. À l’extérieur d’un cadre syndical, la Loi sur les normes du travail et la CNESST demeurent les références pour les conditions minimales.
La liberté universitaire encadre le contenu des cours dans le respect du plan de cours approuvé par le département. Le chargé de cours dispose d’une marge importante pour choisir ses méthodes pédagogiques, mais il doit respecter les objectifs, les évaluations prévues et les règlements académiques.
Un employeur légal est clairement identifié : l’université. Si une entreprise vous propose de vous placer comme enseignant universitaire contre des frais ou un paiement préalable, méfiez-vous et vérifiez d’abord son permis d’agence auprès de la CNESST.
Erreurs à éviter pour décrocher un premier contrat d’enseignement
La première erreur est de postuler à tous les cours sans égard à ses qualifications. Un dossier mal ciblé est écarté d’office, alors qu’un dossier qui démontre le lien entre l’expérience et le contenu du cours retient l’attention. Une deuxième erreur consiste à négliger la pédagogie : l’université recherche des spécialistes, mais aussi des personnes capables de structurer un cours et d’évaluer équitablement.
Plusieurs candidats oublient de soigner la présentation : un plan de cours esquissé, une description de l’approche d’enseignement, quelques exemples de situations réelles utilisées en classe. Cet effort fait la différence entre deux dossiers égaux.
- Lire le descripteur du cours et ses objectifs avant de poser sa candidature
- Demander à un collègue enseignant de relire son dossier
- Garder une trace des évaluations d’étudiants obtenues lors d’expériences passées
Poursuivre l’enseignement universitaire : chemins possibles
Plusieurs personnes chargées de cours conservent leur emploi principal et enseignent une soirée par semaine. D’autres combinent plusieurs charges dans différents établissements. Un petit nombre accède ensuite à des postes de professeur ou de maître d’enseignement, ce qui exige généralement un doctorat et des travaux de recherche.
L’expérience en enseignement ouvre aussi des portes ailleurs : formation en entreprise, conception de programmes, conseil pédagogique, encadrement de stagiaires. Elle valorise un curriculum vitæ, même lorsque le contrat d’origine était court.
Aucune embauche à long terme n’est assurée. Avoir un plan B, comme un emploi principal stable ou un second champ d’expertise, permet de traverser les sessions où aucune charge n’est attribuée.
Questions fréquentes
Faut-il un doctorat pour être chargé de cours ?
Pas nécessairement. Les exigences varient selon le département et le cours : certaines charges demandent une maîtrise et une solide expérience professionnelle, d’autres préfèrent un doctorat. Le descripteur du cours précise les qualifications attendues.
Un chargé de cours est-il employé d’une agence de placement de personnel ?
Non, en règle générale. Le contrat est conclu directement avec l’université, qui est l’employeur. Les agences interviennent rarement dans ce type de recrutement.
Peut-on postuler à plusieurs universités en même temps ?
Oui. Chaque établissement a son propre portail, ses échéances et ses règles. Il faut préparer un dossier adapté à chaque département.
Une charge de cours est-elle renouvelée automatiquement ?
Non. Chaque session fait l’objet d’une nouvelle attribution selon les besoins, les inscriptions et les règles de la convention collective. L’ancienneté joue un rôle, sans garantir un renouvellement.
