Éducatrice en CPE : le métier et la place du remplacement
Une éducatrice en CPE accompagne le développement des enfants de zéro à cinq ans dans un centre de la petite enfance : jeux, soins, repas, sieste, apprentissage du langage et de l’autonomie. Le remplacement en CPE consiste à tenir ce rôle pendant l’absence d’une collègue, que ce soit pour une journée de maladie, un congé de maternité ou une formation.
Le besoin est constant. Le travail auprès des tout-petits impose une présence continue et un nombre d’adultes fixé par règlement; lorsqu’une éducatrice est absente, il faut quelqu’un pour la remplacer rapidement, sans quoi le groupe ne peut pas ouvrir comme prévu. Les CPE tiennent donc des listes de personnel de remplacement et font parfois appel à des organismes de placement.
La personne qui remplace doit s’intégrer sans bruit à un groupe qui a déjà ses repères. Les enfants de cet âge ont besoin de constance : une éducatrice remplaçante qui respecte les routines, les rituels de la journée et les gestes de réconfort rassure l’enfant et facilite la relation avec les parents.
Formation et qualification : la voie des Techniques d’éducation à l’enfance
La route classique vers ce métier passe par le DEC en Techniques d’éducation à l’enfance, qui prépare au travail auprès d’enfants de zéro à douze ans et qui est offert dans une trentaine de cégeps du Québec. Les diplômées de ce programme sont considérées comme qualifiées, ce qui compte dans les exigences de dotation des services de garde.
Un CPE peut aussi embaucher du personnel non qualifié pour certaines tâches, notamment pour des remplacements courts ou comme aide, tout en gardant une proportion de personnel qualifié exigée par la réglementation. Une personne en formation, une étudiante en techniques d’éducation à l’enfance ou quelqu’un qui a déjà de l’expérience en camp de jour peut donc trouver une place.
Les documents que l’on demande couramment :
- le diplôme ou l’attestation, ou une preuve d’inscription au programme;
- une vérification des antécédents judiciaires, nécessaire pour travailler auprès d’enfants;
- un certificat de secourisme adapté à la petite enfance;
- des références de milieux où l’on a travaillé avec des enfants.
Une journée type auprès des tout-petits
La journée commence à l’arrivée des enfants. L’éducatrice accueille chaque famille, prend en note les informations utiles sur la nuit, l’appétit ou la santé de l’enfant, puis installe les premières activités libres. Suivent les collations, les ateliers, les sorties dans la cour, le dîner, la sieste et les jeux de l’après-midi.
Les soins font partie du métier : changements de couche, aide aux toilettes, habillement pour l’extérieur, lavage des mains. Les repas demandent de la vigilance à cause des allergies. Le moment de la sieste, tranquille en apparence, exige une surveillance constante.
L’éducatrice tient aussi des observations écrites sur chaque enfant, qu’elle partage avec l’équipe et avec les parents. Dans un remplacement court, vous n’avez pas à remplir ces rapports en profondeur, mais vous devez transmettre à la collègue qui revient ce qui s’est passé : un bobo, une première phrase, un comportement inhabituel.
Le travail est physique : on s’accroupit, on porte, on se relève, on se déplace sans cesse. Prévoyez des vêtements souples et des chaussures confortables.
Horaires et conditions de travail dans un centre de la petite enfance
Selon l’Association québécoise des centres de la petite enfance, une semaine régulière compte souvent 32 heures réparties sur quatre jours. Le temps supplémentaire est payé à taux et demi, et les employées bénéficient de treize jours fériés payés ainsi que de vacances qui augmentent avec l’ancienneté. L’association reconnaît aussi que la rémunération horaire est inférieure à celle du réseau scolaire et invite à considérer l’ensemble des avantages sociaux, notamment le régime de retraite et l’assurance collective.
Les CPE ouvrent généralement tôt le matin et ferment en fin d’après-midi. Un remplacement peut donc couvrir une ouverture, une fermeture ou une journée complète. Il arrive que l’on vous demande un quart de courte durée, au moment de la sieste ou durant l’heure du dîner, pour permettre à l’équipe de prendre ses pauses.
Les taux précis varient selon la scolarité et l’échelon, et sont fixés dans des documents du ministère de la Famille. Pour une affectation par agence, l’employeur est l’agence, qui doit détenir un permis de la CNESST; demandez-lui le taux et la manière dont sont comptées les heures.
Comment trouver un remplacement en CPE
Plusieurs options existent, et il est utile de les combiner.
- S’adresser directement aux CPE de votre quartier, par téléphone ou par courriel, pour demander à être ajoutée à leur liste de remplacement.
- Consulter la page d’emplois dans le réseau de l’Association québécoise des centres de la petite enfance.
- Communiquer avec le bureau coordonnateur de la garde en milieu familial de votre secteur, qui connaît les besoins de la région.
- S’inscrire auprès d’une agence de placement de personnel qui offre des affectations en petite enfance.
Une candidature de remplacement se prépare comme une candidature à un poste régulier : un curriculum vitæ d’une page, une lettre brève qui explique votre intérêt pour la petite enfance, vos disponibilités précises (jours, heures, délai de réponse) et vos références.
Si vous avez la possibilité de vous présenter en personne, faites-le; les directions apprécient le contact direct, d’autant plus qu’elles décident souvent vite lorsque survient une absence.
Erreurs à éviter pour une éducatrice remplaçante
La première erreur est d’arriver sans connaître le groupe. Demandez dès l’entrée le nombre d’enfants, la liste des allergies, les enfants qui ont des besoins particuliers, la routine du jour et le nom de la collègue de référence. La seconde est de vouloir tout changer; la constance rassure les enfants plus qu’une activité spectaculaire.
Évitez aussi d’utiliser votre téléphone en présence des enfants, de faire des promesses aux parents que vous ne pourrez pas tenir et de commenter la vie privée des familles. Les règles de confidentialité s’appliquent comme dans tout service de garde éducatif.
Enfin, ne sous-estimez pas la fatigue. Les journées sont intenses sur le plan sonore et physique. Hydratez-vous, prenez vos pauses, respectez les ratios qui sont plus serrés avec les poupons, et ne laissez jamais un groupe sans adulte, même brièvement. Si une situation vous dépasse, demandez de l’aide à la direction plutôt que de vous débrouiller seule.
Évoluer de la suppléance vers un poste stable en petite enfance
Plusieurs personnes devenues éducatrice en CPE ont commencé comme remplaçantes avant d’obtenir un poste régulier. Une personne fiable, douce avec les enfants et appréciée des parents est rappelée plus souvent, puis considérée lorsqu’un poste s’ouvre. L’ancienneté s’accumule en heures travaillées, d’où l’intérêt d’accepter des remplacements fréquents dans un même CPE.
Le diplôme demeure la meilleure garantie de progression. Une étudiante peut travailler à temps partiel pendant ses études, puis viser un poste d’éducatrice qualifiée. Avec de l’expérience, les possibilités s’élargissent : responsable de l’alimentation, éducatrice-conseil, direction adjointe, ou travail en service de garde scolaire et en éducation spécialisée.
La profession est reconnue comme essentielle au développement des enfants, et les besoins en personnel demeurent importants dans plusieurs régions. Une candidature soignée et des disponibilités souples augmentent vos chances de trouver rapidement une place.
Questions fréquentes
Faut-il un DEC pour devenir éducatrice en CPE ?
Le DEC en Techniques d’éducation à l’enfance est la voie de qualification habituelle. Pour un remplacement, un CPE peut toutefois accueillir du personnel en formation ou sans diplôme, dans les limites prévues par la réglementation.
Combien d’heures travaille-t-on dans un CPE ?
Selon l’Association québécoise des CPE, une semaine régulière est souvent de 32 heures sur quatre jours. Un remplacement dépend de l’absence à couvrir et peut aller d’une demi-journée à plusieurs mois.
Une éducatrice remplaçante doit-elle subir une vérification judiciaire ?
Oui, la vérification des antécédents judiciaires est exigée pour travailler auprès d’enfants dans un service de garde éducatif.
Peut-on passer par une agence pour un remplacement en CPE ?
C’est possible, mais plusieurs CPE gèrent leur propre liste de remplacement. Une agence qui place du personnel en garderie doit d’abord posséder son permis de la CNESST.
