Ce qu’est la cueillette de fruits et légumes comme métier
La cueillette de fruits et légumes est le travail qui consiste à récolter à la main des produits agricoles, les trier sommairement et les placer dans des contenants, directement dans les champs, les vergers ou les serres d’une ferme. C’est un emploi saisonnier, lié aux dates de maturité des cultures, et non une activité de loisir comme l’autocueillette, où le client cueille pour lui-même.
Le travail se pratique surtout de juin à octobre, avec des pointes selon les cultures. Il attire des étudiants, des travailleurs en transition et des personnes qui cherchent un revenu d’appoint. Il faut accepter de travailler à l’extérieur, parfois tôt le matin, par tous les temps ou presque.
Le métier de cueillette de fruits et légumes s’apprend vite, mais il exige de l’endurance. Les meilleurs cueilleurs sont ceux qui combinent rapidité, soin du produit et respect des consignes de l’exploitation.
Le calendrier de la récolte de fruits et de légumes au Québec
Chaque culture suit son propre calendrier, qui varie selon la région et la météo de l’année. À titre indicatif, voici l’ordre habituel de la saison :
- juin et juillet : fraises et premières récoltes de légumes de printemps;
- juillet et août : framboises, bleuets en culture, légumes d’été comme le maïs, les haricots et les tomates;
- août et septembre : bleuets sauvages au Saguenay–Lac-Saint-Jean, prunes, premières pommes;
- septembre et octobre : pommes, courges, citrouilles, légumes racines;
- octobre : canneberges, notamment au Centre-du-Québec.
Les dates exactes dépendent de la ferme. Une fraisière de la Montérégie ne débute pas en même temps qu’un producteur de bleuets au Lac-Saint-Jean. Un travailleur mobile peut enchaîner plusieurs récoltes en suivant le calendrier d’une région à l’autre.
Les gestes, la cadence et la condition physique
La journée type commence tôt, parfois à l’aube, pour profiter de la fraîcheur. On se penche sans cesse pour les fraises, on lève les bras pour les pommes, on marche avec des contenants lourds. Les pauses sont courtes et le rythme est soutenu, avec un objectif de volume établi par l’exploitant.
Les risques sont bien connus : douleurs au dos, aux genoux et aux épaules, coups de chaleur, piqûres d’insectes, coupures légères et glissades en terrain humide. On les limite par une bonne hydratation, des pauses régulières, un chapeau, une crème solaire et des chaussures adaptées.
Si vous avez des problèmes de dos ou des allergies sévères, parlez-en avant de vous engager. Un employeur peut vous affecter à une tâche de tri, d’emballage ou de vente au kiosque plutôt qu’à la cueillette au champ.
Paie en cueillette de fruits et légumes : à l’heure ou au rendement
Dans la cueillette, la rémunération prend deux formes courantes : un taux horaire, ou un paiement au rendement, qui dépend des quantités récoltées, par exemple au contenant ou au kilo. Chaque mode a ses avantages. Le taux horaire garantit un revenu stable, le rendement avantage le cueilleur rapide.
Des règles particulières encadrent le paiement au rendement dans la Loi sur les normes du travail et ses règlements. Pour connaître les montants et les conditions en vigueur, consultez la CNESST, car ces valeurs changent. Exemple illustratif : si l’on vous promet un tarif au contenant, demandez combien un cueilleur débutant récolte en moyenne et comment sont comptées les pauses.
Exigez de savoir avant le premier jour comment votre travail sera pesé ou compté, à quelle fréquence vous êtes payé et si des retenues s’appliquent, par exemple pour le logement ou le transport.
Trouver une place : fermes, agences et ressources
Beaucoup de fermes embauchent directement. Elles affichent leurs besoins sur leurs pages, à l’entrée de la ferme ou auprès de leur centre local d’emploi. Certaines passent aussi par des agences de placement de personnel pour remplir des équipes, surtout dans les régions près des grandes villes.
AGRIcarrières, le comité sectoriel de main-d’œuvre de la production agricole, renvoie vers une page de recherche d’emploi agricole, présente les métiers du secteur et accompagne les producteurs avec le réseau des centres d’emploi agricole. C’est un bon point de départ pour repérer des offres de saison.
Si vous passez par une agence, vérifiez son permis au registre de la CNESST, demandez quel employeur vous paie et refusez de payer des frais pour être placé. Une agence légitime ne vous demande pas d’argent pour vous trouver du travail.
Santé et sécurité dans les champs et les vergers
L’exploitation agricole est un milieu de travail soumis aux règles de santé et de sécurité. L’employeur doit vous informer des risques, vous former aux tâches et vous fournir l’information sur les produits utilisés. La formation SIMDUT vise les produits dangereux, notamment les pesticides et les produits de nettoyage.
Posez les questions importantes avant d’entrer dans un champ : quand a-t-il été traité? Y a-t-il un délai de réentrée? Où se trouve l’eau potable? Où sont les toilettes? Quel est le plan en cas de chaleur extrême ou d’orage?
En cas de blessure ou de malaise, avisez immédiatement le responsable. La CNESST traite les réclamations pour lésion professionnelle, y compris pour les travailleurs saisonniers.
Logement, transport et vie sur la ferme
Les fermes sont souvent loin des centres urbains. Sans voiture, vous dépendez du covoiturage, d’un transport organisé par l’employeur ou, parfois, d’un hébergement sur place. Assurez-vous de connaître les horaires de départ et de retour, ainsi que le coût de ces services.
Quand un logement est offert, demandez par écrit son emplacement, son prix, le partage des chambres, les règles de la maison et le préavis en cas de départ. Une retenue sur la paie doit être expliquée clairement.
Les mineurs et les très jeunes travailleurs sont soumis à des règles particulières. Les parents peuvent obtenir des précisions auprès de la CNESST avant d’accepter une offre.
Progresser au-delà de l’emploi saisonnier
Un cueilleur fiable peut devenir chef d’équipe, responsable du tri ou aide à la mise en marché. Au fil des saisons, certains acquièrent la conduite de tracteurs, l’entretien de serres ou les notions de culture, qui ouvrent des postes d’ouvrier agricole à l’année.
Des formations professionnelles et collégiales en production agricole existent dans plusieurs régions, et AGRIcarrières donne accès à un catalogue de formations pour les travailleurs du secteur.
Pour garder un revenu stable après la fin de la saison, planifiez à l’avance vos prochaines étapes : prestations de l’assurance-emploi si vous y avez droit, mission en usine ou en entrepôt, ou départ vers une autre région où les récoltes se poursuivent.
Questions fréquentes
Faut-il de l’expérience pour la cueillette de fruits et légumes?
Non, la plupart des fermes forment les débutants sur place. Les cueilleurs expérimentés gagnent en rapidité et peuvent obtenir des tâches plus responsables.
Quand commence la saison au Québec?
Les premières récoltes débutent en juin avec les fraises, et la saison se termine en octobre avec les pommes et les canneberges. Les dates varient d’une région à l’autre.
Quelle différence entre la cueillette comme emploi et l’autocueillette?
L’autocueillette est une activité de loisir : le client cueille et paie les fruits. La cueillette comme emploi saisonnier est un travail salarié pour le compte de la ferme.
Peut-on travailler seulement quelques semaines?
Oui, plusieurs récoltes sont courtes. Précisez vos dates de disponibilité à l’employeur et confirmez la durée prévue dans l’entente.
