Emploi temporaire en serre : de quoi parle-t-on exactement ?

Un emploi temporaire en serre est un poste à durée limitée dans une entreprise qui cultive des légumes, des fruits, des fleurs ou des plants à l’abri d’une structure vitrée ou plastifiée. Le contrat couvre une période de pointe, un remplacement ou une saison précise, puis prend fin à la date prévue ou à la fin de la production visée.

Pour le travail en serre, on cultive surtout des tomates, des concombres, des poivrons, des laitues et des fraises, sans oublier l’horticulture ornementale : fleurs annuelles, vivaces, plants de potager vendus au printemps. Ces entreprises se trouvent dans plusieurs régions, dont la Montérégie, Lanaudière et les Laurentides, mais aussi en périphérie de Québec et au Centre-du-Québec.

On y accède de deux façons : par une candidature directe auprès de la serre, ou par une agence de placement de personnel qui détient un permis et envoie des salariés pour des missions de quelques semaines. Dans le second cas, c’est l’agence qui vous verse la paie, même si vous travaillez dans les installations du producteur.

Les tâches d’un travailleur de serre, de la plantation à l’emballage

Pour tout travailleur de serre, les gestes changent beaucoup. En production de légumes, on palisse les plants le long des fils, on enlève les gourmands (les petites pousses latérales), on effeuille la base des tiges, on cueille à maturité et on dépose les fruits dans des caisses. Une tomate mûrie trop longtemps ou un concombre coupé trop court se déclassent : l’œil compte autant que la vitesse.

En horticulture ornementale, le travail ressemble davantage à de la manutention délicate : rempotage, repiquage de boutures, arrosage, étiquetage, déplacement de chariots de plantes vers les zones d’expédition. Au printemps, la pression monte avec la préparation des commandes pour les centres de jardin.

Des tâches complémentaires reviennent presque partout :

  • nettoyer les allées et désinfecter les outils pour freiner les maladies des plantes;
  • trier, peser et emballer la production;
  • surveiller les signes de ravageurs et en avertir le responsable de culture;
  • aider à l’installation ou au démontage des cultures entre deux cycles.

Horaires, chaleur et rythme d’une journée de travail en serre

La journée commence souvent tôt, parce que la récolte se fait de préférence avant les heures chaudes, quand les fruits et les feuilles sont fermes. Des quarts de 6 h ou 7 h jusqu’en début d’après-midi sont courants; en période de pointe, on peut aussi demander des heures supplémentaires ou du travail la fin de semaine, puisque les plantes ne s’arrêtent pas de mûrir le samedi.

L’ambiance physique est particulière. L’air est humide, la température grimpe vite en été sous le toit vitré, et l’on passe des heures debout, penché ou sur une plateforme mobile qui roule entre les rangs. Les mouvements répétés sollicitent le dos, les épaules et les poignets. Une bouteille d’eau à portée, des vêtements légers superposables et des chaussures antidérapantes font une vraie différence.

Un travailleur de serre peut aussi trouver du travail en hiver : les serres chauffées et éclairées produisent aussi en hiver. Dans ces installations, la lumière d’appoint peut allonger la journée de culture et certains postes se tiennent en soirée ou la nuit. Posez la question de l’horaire exact dès la première discussion plutôt que de la découvrir au premier jour.

Quand le travail en serre embauche : saisons et cycles de culture

Le calendrier varie selon le type de production. En horticulture ornementale, la plus forte demande tombe de la fin de l’hiver à juin, car il faut produire les plants que les consommateurs achèteront dès les premiers beaux jours. Une seconde vague plus modeste prépare parfois les chrysanthèmes, les poinsettias ou les plantes de fin d’année.

Dans les serres de légumes, les cycles s’étirent davantage : plantation à l’automne ou en janvier, récolte étalée sur plusieurs mois, arrachage des plants en fin de cycle. Les périodes de forte cueillette et celles de nettoyage général demandent des bras supplémentaires, ce qui explique les contrats de courte durée.

Un emploi saisonnier en serre se négocie donc avec une date de début et une date de fin approximatives. Comme le calendrier dépend de la météo et de la maturité des plants, demandez comment l’entreprise vous avertira d’un report, d’une prolongation ou d’une fin anticipée.

Formations, SIMDUT et produits utilisés en serre

Aucun diplôme n’est exigé pour un emploi temporaire en serre de niveau d’entrée, mais l’employeur a l’obligation de vous informer des risques et de vous former. La formation sur le SIMDUT (système d’information sur les matières dangereuses utilisées au travail) est la plus fréquente : elle explique les étiquettes, les fiches de données de sécurité et les gestes à adopter avec un produit de nettoyage, un engrais ou un fongicide.

L’application de pesticides n’est pas une tâche que l’on confie à n’importe qui. Au Québec, l’utilisation de ces produits est encadrée par le ministère de l’Environnement et exige des certificats pour les personnes qui les appliquent. Si on vous en parle, demandez quelle autorisation est requise et qui la détient dans l’entreprise.

Des atouts reconnus, sans être obligatoires : une expérience agricole ou horticole, un cours de secourisme en milieu de travail, un permis de conduire pour les déplacements et la conduite de petits véhicules de manutention, ainsi que la capacité de travailler en équipe dans une langue commune, parfois le français et l’espagnol sur les plateaux de production.

Droits, santé et sécurité du travailleur de serre engagé par une agence

Un travailleur de serre, qu’il soit embauché directement ou par une agence, bénéficie de la Loi sur les normes du travail : salaire au moins égal au minimum légal, pauses prévues, paie des heures supplémentaires au-delà du seuil fixé par la Loi, jours fériés et vacances calculés selon l’ancienneté et le gain. La Loi contient aussi des règles d’égalité de traitement pour les salariés d’une agence qui accomplissent les mêmes tâches que ceux du client.

Côté santé et sécurité, la CNESST fait le lien avec les risques courants du milieu : chaleur excessive, exposition à des produits chimiques, chutes sur plancher mouillé, troubles musculosquelettiques. Vous avez le droit de recevoir l’équipement nécessaire et de refuser un travail dangereux selon la procédure prévue par la Loi.

Une agence légitime détient un permis de la CNESST et peut vous le confirmer. Les situations individuelles, comme un litige de paie ou une blessure, se règlent avec la CNESST ou un conseiller juridique, pas avec un texte général.

Du contrat court à un poste stable dans une entreprise de serres

Un emploi temporaire en serre sert souvent de porte d’entrée : plusieurs producteurs recrutent leurs employés réguliers parmi ceux qui ont déjà fait une saison chez eux : ils connaissent le rythme, la discipline sanitaire et les consignes de culture. Se montrer ponctuel, soigneux et capable d’apprendre un nouveau poste suffit souvent à se faire proposer un retour l’année suivante.

Pour progresser, visez des tâches de plus en plus techniques : aide au contrôle des ravageurs par lutte biologique, suivi de l’irrigation, gestion d’une équipe de récolte. Un diplôme d’études professionnelles en production horticole ou une attestation de formation continue ouvre ensuite la voie à un poste de responsable de culture.

Gardez une trace écrite de vos périodes de travail, de vos tâches et des formations reçues. Ce dossier aide à demander une référence et à documenter votre parcours d’une saison à l’autre.

Questions fréquentes

Faut-il de l’expérience pour décrocher un emploi temporaire en serre ?

Non, pas pour un poste d’entrée comme cueilleur ou manutentionnaire. L’employeur vous forme aux gestes de base et aux règles de sécurité. Une première expérience agricole ou horticole aide toutefois à être choisi plus facilement.

Combien d’heures par semaine travaille-t-on en serre ?

Cela dépend de l’entreprise et de la période. En pointe, les semaines sont chargées, avec parfois des fins de semaine; hors pointe, les heures baissent. Demandez le nombre d’heures prévu avant d’accepter la mission.

Une agence peut-elle m’envoyer travailler en serre ?

Oui, si elle détient un permis de la CNESST pour exploiter une agence de placement de personnel. Vous êtes alors salarié de l’agence, qui vous verse la paie, tandis que la serre dirige votre travail au quotidien.

Le travail en serre est-il dangereux pour la santé ?

Les principaux risques sont la chaleur, l’humidité, les gestes répétitifs et les produits utilisés. Avec une formation adéquate, de l’eau, des pauses et l’équipement fourni, ces risques se gèrent bien. Signalez tout malaise à votre responsable.