Emploi de planteur d’arbres : en quoi consiste ce travail ?

Un emploi de planteur d’arbres est un poste saisonnier où l’on met en terre, à la main, de jeunes plants sur des parcelles forestières récemment coupées, brûlées ou touchées par une perturbation. L’objectif est de rétablir la forêt avec des essences adaptées au site, comme l’épinette noire, l’épinette blanche ou le pin gris.

Le reboisement est une obligation qui s’inscrit dans l’aménagement durable des forêts publiques. Les travaux sont réalisés par des entreprises sylvicoles, des coopératives forestières et des groupements, qui engagent chaque année des équipes de planteurs pour quelques semaines ou quelques mois.

Cet emploi de planteur d’arbres convient à des personnes endurantes, à l’aise en plein air et prêtes à vivre en collectivité. Il attire des étudiants, des travailleurs saisonniers et des personnes en reconversion, qui apprécient le contact avec la nature, mais doivent accepter l’effort répétitif et l’isolement des chantiers.

Une journée de plantation d’arbres du réveil à la fin du quart

Le planteur reçoit des plants conditionnés en caissettes, qu’il répartit dans des sacs ou une ceinture de portage. Il avance sur une parcelle, choisit un microsite favorable (un endroit dégagé de débris, avec du sol minéral), enfonce son outil, glisse le plant, referme le trou et s’assure que les racines sont bien en place. Puis il recommence, des centaines de fois par jour.

Le rythme est soutenu et constant :

  • départ du camp tôt le matin, parfois après un trajet en camion ou en véhicule tout-terrain;
  • plantation par lignes ou par blocs, selon les consignes de l’entreprise;
  • pauses courtes, repas pris sur place, retour en fin d’après-midi;
  • vérification de la qualité par un contremaître qui contrôle l’espacement et la profondeur.

Un plant mal enfoui, recourbé ou laissé à l’air libre peut mourir. La qualité compte donc autant que le nombre de plants.

Emploi de planteur d’arbres : quand et où plante-t-on au Québec ?

La principale vague de plantation s’étend du printemps au début de l’été, dès que la neige a disparu et que le sol est dégelé, puis se poursuit durant l’été selon les régions et les commandes de plants. Il existe aussi des travaux de reboisement à l’automne, plus rares.

Pour un emploi saisonnier en reboisement, les chantiers se situent surtout en forêt publique et privée, dans des régions comme l’Abitibi-Témiscamingue, le Saguenay–Lac-Saint-Jean, la Côte-Nord, la Mauricie, le Nord-du-Québec ou l’Outaouais. Pour chaque contrat, la durée varie en fonction de la superficie à reboiser.

Le calendrier dépend du dégel, de l’accès aux chemins et de la production des pépinières. Demandez à l’entreprise une date d’entrée en poste réaliste, une durée minimale prévue et les conditions de fin anticipée en cas de météo défavorable.

Rémunération au rendement : comprendre comment la paie est calculée

Dans le reboisement, le salaire se calcule souvent selon le nombre de plants mis en terre, à un tarif fixé au millier de plants. Ce mode de rémunération récompense la rapidité, mais il ne dispense pas l’employeur de respecter la Loi sur les normes du travail, qui fixe notamment des règles sur le salaire minimum et sur la paie du temps travaillé.

Avant de signer, demandez par écrit :

  • le tarif par plant ou la base de calcul, et selon quel terrain il varie;
  • comment est rémunéré le temps de déplacement et d’attente;
  • quels frais sont déduits pour le camp, la nourriture ou l’équipement;
  • la fréquence des paies et la façon dont les relevés sont remis.

Un exemple illustratif : si le tarif est modeste et que le terrain est rocheux ou couvert de débris, le rendement baisse et la paie aussi. Les débutants gagnent moins que les planteurs aguerris, le temps d’acquérir la technique.

Vie de camp, insectes et chaleur : ce à quoi se préparer

Plusieurs chantiers sont éloignés, ce qui implique de vivre en camp ou en campement avec des collègues. Les chambres sont souvent partagées, les repas pris en groupe et l’accès au réseau cellulaire limité. Une bonne entente et le respect des règles de vie commune comptent autant que la forme physique.

Les insectes piqueurs font partie du décor : maringouins, mouches noires, brûlots et taons peuvent rendre le travail pénible au début de l’été. Chapeau avec moustiquaire, vêtements amples à manches longues et répulsif approuvé aident à tenir le coup. Un bon sac d’eau, des collations riches en énergie et des bottes bien rodées épargnent des ampoules.

Les journées sous le soleil ou la pluie froide épuisent. Écoutez votre corps, signalez toute blessure et ne tentez pas de compenser une mauvaise journée par des efforts excessifs.

Équipement, formations et santé-sécurité du planteur

Aucune formation scolaire n’est requise pour un emploi de planteur d’arbres, mais l’employeur doit vous informer des risques et vous apprendre la technique. Selon l’entreprise, on peut vous demander le SIMDUT, un cours de secourisme et la conduite sécuritaire de véhicules de chantier.

Le planteur porte des bottes de sécurité ou de randonnée robustes, des gants, un chapeau, une ceinture de portage pour les plants et des vêtements adaptés aux intempéries. Demandez ce qui est fourni et ce qui reste à votre charge.

Les risques principaux sont les troubles musculosquelettiques (dos, genoux, épaules), les chutes sur terrain accidenté, les blessures aux mains, la déshydratation et les coups de chaleur. La CNESST offre des ressources de prévention pour les travaux sylvicoles, et l’entreprise est tenue d’organiser les premiers soins sur le chantier.

Passer du reboisement à d’autres travaux sylvicoles

Dans la plantation d’arbres, un planteur qui a fait ses preuves peut devenir chef d’équipe, contrôleur de qualité ou responsable de camp. Il peut aussi enchaîner avec des tâches complémentaires de la saison : débroussaillage, éclaircie précommerciale, entretien de plantations, inventaires forestiers.

Pour viser plus haut, un diplôme d’études professionnelles en aménagement de la forêt ou une technique en technologie forestière donne accès à des postes de technicien ou de surveillant de travaux. Les relevés de chantiers, la bonne tenue de vos feuilles de production et une conduite exemplaire sont appréciés des entreprises qui rappellent leurs meilleurs éléments chaque printemps.

Si vous passez par une agence de placement de personnel, assurez-vous qu’elle détient un permis de la CNESST et qu’elle vous remet un contrat écrit mentionnant le lieu, la durée, le mode de paie et les frais éventuels.

Questions fréquentes

Combien de plants un planteur met-il en terre par jour ?

Le nombre varie énormément selon le terrain, la météo, l’expérience et le type de plant. Un débutant avance lentement, tandis qu’un planteur expérimenté va beaucoup plus vite. L’entreprise vous précisera les attentes de rendement.

Faut-il être en très grande forme pour planter des arbres ?

Oui, une bonne condition physique est nécessaire. Le travail demande de marcher sur terrain accidenté, de se pencher sans cesse et de porter des sacs de plants pendant de longues heures.

Le travail de planteur est-il offert aux étudiants ?

Souvent, car la saison coïncide avec les vacances scolaires. Les étudiants doivent toutefois s’assurer que les dates du contrat s’accordent avec leur calendrier d’études et que l’âge minimal exigé est respecté.

Peut-on trouver cet emploi par une agence ?

C’est possible, mais la plupart des planteurs sont engagés directement par des entreprises sylvicoles. Une agence de placement de personnel doit détenir un permis de la CNESST et vous fournir un contrat clair.